Entretien avec Axelle Legrand, 32ème Française de squash !


Bonjour Axelle, peux-tu présenter, présenter ton parcours et à quel niveau tu évolues ?


Je m’appelle Axelle Legrand, j’évolue en nationale 2 dans une équipe de squash depuis plus de 10 ans. J’étais sur Vannes et j'ai été recrutée à Nantes. Je fais du squash depuis que j’ai 7 ans et je suis actuellement 32ème française.

Comment as- tu commencé le squash ?


J’ai commencé le squash parce que mon père m’a forcé à essayer ce sport. Je n’ai pas trop accroché la première fois, puis il m’a forcé à y retourner une deuxième année car il en avait marre que je change tout le temps de sport. Quand j’étais petite, c’était un sport, une année. J’ai adoré cette deuxième année de squash et la passion ne m’a jamais quittée depuis.


A côté du squash tu as une activité professionnelle ?


J’ai une licence staps acquise en 2020 à la suite d’un bac général, et je viens de démarrer un master en alternance à Win sport school à Nantes. Je suis en alternance dans un office des sports, une association multisport qui travaille avec les publics éloignés de la pratique sportive et on essaye de travailler l’insertion par le sport.


Tu arrives à bien concilier les deux avec les déplacements ?


Je fais beaucoup de télétravail, avec les entraînements je n’ai pas le choix. Je fais 2 à 3 jours de télétravail par semaine. Je m’entraine 3 fois par semaine en ce moment quand les semaines le permettent. Avant, j’avais un rythme beaucoup plus soutenu, j’étais à 10h-12h d'entraînement par semaine. En ce moment avec les études c’est plus compliqué, je suis obligé de diviser le temps.


Est-ce que tu as une routine de préparation à côté des entraînements ?


Je fais pas mal de ghosting, des déplacements spécifiques de squash. Je fais de la muscu dès que j’en ai l’occasion. Sinon, beaucoup de pratique et d'entretien à côté, je fais de la course à pied, je suis autodidacte dans ma préparation. C’est un sport individuel et peu médiatisé, on ne peut malheureusement pas se permettre d’embaucher des coachs spécifiques.



Tu as réussi à te former toute seule ?


Oui j’ai des notions en nutrition, organisation du temps de sommeil, les déplacements, les entraînements. Ça me permet d’être autonome dans ma préparation.


Tu parlais de changer de sport souvent quand tu étais petite, quels étaient les autres sports qui t’ont plu ?


J’ai fait du trampoline, de la natation, du badminton, du tennis de table, j’ai fait vraiment énormément de sports. Si je devais choisir 3 sports à côté du squash que je n’ai pas le temps de pratiquer mais que j’adore, ce serait le surf, le ski, et la boxe.


Comment s’organisent les compétitions en squash ?


Les championnats et compétitions varient vraiment d’un mois à l’autre, surtout dans la pratique féminine. Nous n’avons malheureusement pas autant de compétitions que nos homologues masculins. On n'a pas le choix, on s’adapte et on fait les tournois que l’on peut faire. Dans les plus gros mois, je suis en compétition 3 week-end sur 4, sachant que les compétitions vont du vendredi au dimanche. Je m’entraîne beaucoup en début de semaine, repos le jeudi et je pars le vendredi.


Même avec ton double projet, tu gardes de l’ambition ?


J’en avais davantage avant. Aujourd’hui, la pratique féminine du squash n’est pas en déclin mais nécessite beaucoup de travail. Etant donné que ce sport est peu médiatisé, les gains financiers sont compliqués à aller chercher, voire inexistants. Mon ambition est d’être top 10 français si j’ai assez de temps à consacrer au squash. Je n’ai cependant pas de prétention à être dans le top mondial, c’est trop compliqué quand on a une vie comme la mienne. Si on veut espérer avoir ce niveau, il faut partir dans un pôle et ne faire que ça. Pour l’instant, un top 10 français serait déjà très bien.


As-tu déjà eu envie d’arrêter ?


Ca m’est arrivé quand j’étais plus jeune, quand on n’a pas trop de mental. Je suis très compétitive, peut-être trop parfois, et je n’arrêterai pas tant que ça me passionne. Pour l'instant, il y a toujours beaucoup de plaisir et de passion.


Est-ce que tu as déjà subi des discriminations de genre dans ton sport ?


J’ai un peu le style garçon manqué avec les cheveux courts, mais j’ai souvent des garçons avec qui je joue qui cherchent à me donner des conseils alors qu’ils sont souvent non-classés, ils se sentent supérieurs et ça leur fait du bien. Sinon, de discrimination pas vraiment. On a juste l’impression de ne jamais être considérées de la même manière que dans le masculin. Il y a du travail là dessus !



Est-ce que tu as dû faire des choix ou sacrifices dans ta vie pour le squash ?


Je n’ai jamais été très scolaire, jamais trop dans les cases. Quand j’étais jeune, c’était mon échappatoire. Je me suis créé mon groupe d’amis qui est devenu une famille depuis 14 ans maintenant. Je ne sortais pas, je ne buvais pas, je n’allais pas au restaurant, ce qui est différent maintenant que je suis en master. Quand j’étais jeune c’était très limité parce qu’il y avait des compétitions le week-end, le soir entrainement. Les soirées ce n’était pas pour moi, les sorties non plus. Mais c’était un choix, des choix familiaux aussi car je ne voyais pas beaucoup ma famille, mais ça s’est quand même très bien passé.


Est-ce que tu aurais un mot pour les femmes à propos de ton sport ?


Le squash est un sport ultra ludique ! Il faut absolument que tout le monde l’essaye, pas que les femmes même si ça serait bien qu’il y en ait beaucoup plus. On est quand même en déficit de féminisation dans ce sport. Il faut que chacune des femmes puisse essayer un jour et voir à quel point c’est ludique. C’est du loisir pur et dur, facile d’accès, facilement compréhensible. Il faut juste avoir l’idée que c’est vraiment cardio. Mais le côté dangereux pour la santé est vraiment faux lorsqu’il est encadré. On ne peut qu’encourager la pratique sportive car la sédentarité ce n’est pas bon. Le squash est beaucoup plus ludique que le tennis par exemple, on apprend beaucoup plus vite.


Quel est ton plus beau souvenir sportif ?


Ce n’est pas forcément ma meilleure perf, mais je dirais que c’est la demi-finale des championnats de France 3ème série à Cuers. Mon père m’avait amené sur cette compétition, ça avait été un match très serré, j’avais gagné au 5ème set c’était très tendu, et je me souviens qu’en étant jeune avec l’esprit d’une jeune, c’était le match de ma vie. J’ai eu énormément d’émotion en voyant mon père derrière moi, hyper ému. Sinon en étape européenne en Suisse, on avait tous eu des bons résultats entre copains, ce qui avait vraiment mis une bonne ambiance.


Est-ce que tu voyages beaucoup pour les compétitions ?


Quand j’étais jeune beaucoup plus. Je faisais des étapes sur le circuit européen, notamment la Suisse et la Belgique. Après quand on rentre sur le circuit senior, il faut vraiment être dans les tops joueurs pour aller jouer à l’étranger. Quand on est jeunes, c’est vraiment des étapes sympathiques.


Aurais-tu un mot à adresser à la communauté Dame de Sport ?


Je trouve que Dame de Sport est une super initiative, j’espère que l’association va grandir et qu’elle se développera à l’échelle nationale au plus vite. C’est le rayonnement du sport féminin par excellence, en tout cas sur le bassin Nantais. Toute l’équipe a l’air super chouette et c’est vraiment bien parce qu’on ne parle pas encore assez du sport féminin.



© Dame de Sport









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